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Droit du travail

Contester mon licenciement

Vous venez de recevoir une lettre de licenciement, ou vous sentez qu’elle arrive. Avant de contester, trois choses se vérifient : le motif, la procédure et les délais. Cette page les explique avec les articles du code du travail, puis vous dit comment MonDroit vous aide à lire votre lettre et à préparer la suite.

Information juridique générale, fondée sur les textes officiels. Elle ne remplace pas une consultation d’avocat, seule à pouvoir apprécier votre situation précise.

Ce qu’il faut vérifier dans votre licenciement

  1. 1. Le motif est-il réel et sérieux ?

    Tout licenciement pour motif personnel doit être justifié par une cause réelle et sérieuse (art. L1232-1 du code du travail). « Réelle » : des faits exacts, précis et vérifiables. « Sérieuse » : assez grave pour rendre impossible la poursuite du contrat. Un motif vague, inexact ou déjà sanctionné fragilise le licenciement.

  2. 2. La procédure a-t-elle été respectée ?

    • Convocation à l’entretien préalable par lettre recommandée ou remise en main propre contre décharge. L’entretien ne peut pas avoir lieu moins de cinq jours ouvrables après la présentation de cette lettre (art. L1232-2).
    • Lettre de licenciement motivée, envoyée en recommandé avec avis de réception, énonçant le ou les motifs. Elle ne peut pas être expédiée moins de deux jours ouvrables après la date prévue de l’entretien (art. L1232-6). Pour un licenciement disciplinaire, elle ne peut pas non plus intervenir plus d’un mois après le jour fixé pour l’entretien (art. L1332-2).
    • Une procédure irrégulière ou une lettre insuffisamment motivée, quand le licenciement repose par ailleurs sur une cause réelle et sérieuse, ouvre droit à une indemnité qui ne peut pas dépasser un mois de salaire (art. L1235-2).
  3. 3. Les délais courent-ils encore ?

    Toute action portant sur la rupture du contrat de travail se prescrit par douze mois à compter de la notification de la rupture (art. L1471-1). Ce délai ne s’applique pas aux demandes de salaire ni aux actions fondées sur une discrimination ou un harcèlement, qui suivent leurs propres règles. Pour une rupture conventionnelle, le recours doit être formé dans les douze mois de l’homologation (art. L1237-14).

Ce que vous pouvez obtenir

L’indemnité légale de licenciement

Due en CDI à partir de huit mois d’ancienneté ininterrompus, sauf faute grave (art. L1234-9). Elle ne peut pas être inférieure à un quart de mois de salaire par année jusqu’à dix ans, puis un tiers de mois par année au-delà (art. R1234-2). Le salaire de référence est le plus favorable entre la moyenne des douze derniers mois et celle des trois derniers (art. R1234-4). Votre convention collective peut prévoir mieux.

Le préavis

Sauf faute grave : un mois entre six mois et deux ans d’ancienneté, deux mois à partir de deux ans (art. L1234-1). En dessous de six mois, la durée vient de la loi, de la convention collective ou des usages. Là encore, la convention collective ou le contrat peuvent être plus favorables.

Licenciement sans cause réelle et sérieuse : le barème

Si le juge estime que le licenciement n’a pas de cause réelle et sérieuse et que la réintégration n’a pas lieu, il fixe une indemnité dans les limites du barème de l’art. L1235-3, en mois de salaire brut, selon l’ancienneté en années complètes. Extrait pour les entreprises d’au moins onze salariés :

Extrait du barème de l’article L1235-3 du code du travail, entreprises d’au moins onze salariés
Ancienneté (années complètes)Minimum (mois)Maximum (mois)
0Sans objet1
112
233,5
334
536
10310
15313
20315,5
25318
30 et au-delà320

Le tableau complet, année par année, figure à l’article L1235-3. Dans les entreprises de moins de onze salariés, seul le minimum change : 0,5 mois à un ou deux ans d’ancienneté, 1 mois à trois ou quatre ans, 1,5 mois à cinq ou six ans, 2 mois à sept ou huit ans, 2,5 mois à neuf ou dix ans ; au-delà, le barème général s’applique.

Licenciement nul : hors barème

Quand le licenciement est nul — violation d’une liberté fondamentale, harcèlement moral ou sexuel, discrimination, représailles après une action en justice ou une dénonciation, salarié protégé licencié en raison de son mandat, protections liées à la maternité ou à l’accident du travail et la maladie professionnelle — le barème ne s’applique pas. Si la réintégration est refusée ou impossible, l’indemnité ne peut pas être inférieure aux salaires des six derniers mois (art. L1235-3-1), en plus de l’indemnité de licenciement.

Et si l’on vous propose une rupture conventionnelle ?

  • Quinze jours calendaires pour se rétracter, à compter de la signature, pour chacune des parties, par une lettre attestant de sa date de réception (art. L1237-13).
  • Quinze jours ouvrables d’instruction par l’administration après la demande d’homologation ; sans réponse dans ce délai, l’homologation est réputée acquise (art. L1237-14).
  • Tout litige sur la convention, son homologation ou son refus relève du conseil de prud’hommes, dans les douze mois de l’homologation (art. L1237-14).

Une rupture conventionnelle signée sous pression, ou en pleine procédure de licenciement, se discute : faites lire la convention avant de signer, et pendant le délai de rétractation.

Comment MonDroit vous aide

Faire lire la lettre de licenciement

Déposez la lettre dans la conversation : l'assistant relève le motif invoqué, la date de notification et ce qui manque par rapport aux articles cités ici.

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Douze mois à partir de la notification, cinq jours ouvrables avant l'entretien, deux jours après : l'assistant reconstitue la chronologie de votre dossier à partir de vos dates.

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Quand consulter un avocat

  • Vous êtes salarié protégé, en arrêt maladie, enceinte ou de retour de congé maternité.
  • Vous soupçonnez une discrimination, un harcèlement ou des représailles.
  • Le licenciement est pour faute grave ou lourde, et vos indemnités sont en jeu.
  • L’employeur propose une transaction ou une rupture conventionnelle à signer vite.
  • Vous envisagez de saisir le conseil de prud’hommes : la stratégie et les pièces se préparent avec un professionnel.

MonDroit vous aide à comprendre et à préparer ; l’avocat plaide et vous conseille sur votre cas précis. Trouver un avocat en droit du travail.

Questions fréquentes

Combien de temps ai-je pour contester mon licenciement ?

Douze mois à compter de la notification de la rupture (article L1471-1 du code du travail). Passé ce délai, l'action portant sur la rupture est prescrite. Certaines demandes, comme les salaires impayés ou une discrimination, suivent d'autres délais.

Quel délai doit séparer la convocation et l'entretien préalable ?

L'entretien ne peut pas avoir lieu moins de cinq jours ouvrables après la présentation de la lettre recommandée de convocation ou sa remise en main propre (article L1232-2 du code du travail).

Que doit contenir la lettre de licenciement ?

Elle est envoyée en recommandé avec avis de réception et énonce le ou les motifs invoqués par l'employeur. Elle ne peut pas être expédiée moins de deux jours ouvrables après la date prévue de l'entretien préalable (article L1232-6 du code du travail).

Ai-je droit à une indemnité de licenciement ?

Oui, en CDI, à partir de huit mois d'ancienneté ininterrompus chez le même employeur, sauf faute grave (article L1234-9 du code du travail). Le minimum légal est d'un quart de mois de salaire par année d'ancienneté jusqu'à dix ans, puis d'un tiers de mois par année au-delà (article R1234-2).

Que peut-on obtenir si le licenciement est sans cause réelle et sérieuse ?

Une indemnité fixée par le juge dans les limites du barème de l'article L1235-3 du code du travail, selon l'ancienneté : par exemple entre 3 et 4 mois de salaire brut à 3 ans d'ancienneté, entre 3 et 10 mois à 10 ans, jusqu'à 20 mois au maximum. Si le licenciement est nul (discrimination, harcèlement, salarié protégé…), l'indemnité ne peut pas être inférieure aux salaires des six derniers mois (article L1235-3-1).

Puis-je revenir sur une rupture conventionnelle signée ?

Oui, chaque partie dispose de quinze jours calendaires à compter de la signature pour se rétracter, par une lettre attestant de sa date de réception (article L1237-13 du code du travail). L'administration a ensuite quinze jours ouvrables pour homologuer ; son silence vaut homologation (article L1237-14).